Chèques-culture Article 27:
l’accessibilité en question

ALTER
ECHOS
.12 avril 02/3074/CVE

1 N°118 15 avril 2002 p.3

 

 

“Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté et de jouir des arts (...) et des bienfaits qui en résultent”. Cet extrait de l’article 27 de la Déclaration universelle des droits de l’homme est aussi à la base de la fondation de l'asbl Article 27 dont l'objectif est de rendre la culture accessible aux personnes en situation de précarité économique, psychologique ou sociale. Un terrain sur lequel l'associatif a devancé les lacunes des pouvoirs publics. Le mécanisme ‘vous impulsez, vous travaillez et nous subsidions est connu. Cette délégation n'est pas sans entraîner des questionnements, dont le principal est ici celui de l'accessibilité au système.


L’article 27, c’est au départ un coup de tête et une volonté tenace de la comédienne Isabelle Paternotte, a partir de deux constats : “Non, pour des raisons d'ordre financier ou moral nous ne sommes pas égaux en regard de l’acte culturel. Oui, il est essentiel de chercher, par tous les moyens, de pallier ces inégalités”. En février 1999, Isabelle Paternotte, avec l’aide du Théâtre de Poche et son directeur Roland Mahauden, met donc sur pied son asbl. Elle nous raconte son expérience.


Au départ, c’était...

“Au départ, c’était un peu malgré moi une réflexion politique. Je suis partie dans l’autre sens, du concret. Je trouvais qu’il y avait quelque chose à pallier, qu'il y avait un manque. II y avait des gens qui ne pouvaient pas venir voir tel spectacle. Moi qui suis comédienne, j’éprouvais cette frustration, ce sentiment d'injustice, et j'ai cherché une solution. Après, je me suis rendu compte que c'était politique, ce qu'on faisait. Au début, c’était vraiment minimaliste, amateur, ce que j'espérais. Puis très vite, on a imagine ce système. Notre idée de base c'était il ne faut absolument pas faire de la charité, il fallait que les gens puissent aller voir ce qu'ils veulent. En même temps, si on voulait diminuer le tarif fortement, il fallait trouver une solution, parce qu'on n’allait pas débouler dans le milieu culturel en disant laissez entrer les gens a 1,25 euro. Ils auraient dit: Oui d'accord, mais... Et donc on s'est tourné vers le politique en demandant : est ce que vous soutenez notre idée en subsidiant un petit peu de fonctionnement, mais surtout un fonds de compensation? Cela a tout de suite fonctionné, a la fois au niveau des partenaires culturels et au niveau politique. En un an, on a vu 11 ministres!” .


Le fonctionnement

Le système d’Article 27 fonctionne de manière triangulaire. L’asbl fait le lien entre des partenaires sociaux — tels que des CPAS, des missions locales, des restaurants sociaux,... — qui distribuent des tickets donnant accès, pour la somme démocratique de 1,25 euro, aux spectacles ou manifestations des partenaires culturels. Ces derniers — théâtres, cinémas, musées,... — reçoivent par ailleurs une compensation financière de l'asbl d’environ 5 euros.
II reste à savoir qui sont les bénéficiaires de ces sésames culturels. “Au départ, c’était tout a fait fantasmé. Je suis comme cela et je n’avais pas d'expérience, mais II fallait que j’avance dans le concret. Et c'est, confrontée à la réalité que tout à coup, des choses très vite sont apparues. D’abord, il n'y a pas un seul public qui aille vers la culture. Les publics sont multiples, donc les solutions sont multiples aussi.”


L’accès : pas de définition

C’est in fine sur les épaules des partenaires sociaux que repose le problème : “Au début, on ne prenait que les partenaires sociaux qui ne rencontraient que des gens censés avoir accès au cheque. Par exemple, on était fort sollicités par des groupes de vieilles personnes et par le secteur de la santé mentale, aussi là, c’est plus flou. Les gens qu’on rencontrait nous disaient : oui, mais sur quels critères je peux donner des tickets a telle personne ou a telle autre?... Cela, ça ne va pas, parce que moi, je ne peux pas répondre à cette question. On n’a jamais réussi à donner une définition claire du bénéficiaire de l’art. 27 qui nous agréait. Pourtant, on y a beaucoup réfléchi. Peut-être qu’un jour on y arrivera, mais...

Les choix sont donc établis de façon pragmatique. “Au niveau d’un CPAS, à partir du moment où quelqu’un reçoit une aide, la question ne se pose pas. Cela veut dire que la personne a des revenus minimums.” Idem pour un restaurant social ou une école d'alphabétisation pour adultes. “Là où le bat blesse, c’est évidemment au niveau des chômeurs, parce que notre réflexion, on n’arrive plus à l’appliquer. On n’a simplement pas les sous pour l’appliquer. Et c’est là notre grande faiblesse. On a eu dans l’asbl une réflexion sur l’accessibilité pour les chômeurs, les VIPO, les handicapés,... mais on ne fait plus de démarches dans ce sens-là. A partir du moment où on a déjà des problèmes financiers pour garantir la même offre de places — a cette heure-ci, je ne peux pas garantir qu’on aura le même nombre de places que ‘an passé —, je freine des deux pieds, c’est certain. Peut-être que c’est un des mauvais côtés de faire des choses avant de prendre trois ans de réflexion... Peut-être était-ce prévisible, mais on voulait aller vite et on a opté pour le fait accompli face au politique. Ce choix, je ne le regrette pas, parce que je n’aurais pas pu en faire un autre de toutes façons. On serait encore en train de réfléchir et je serais devenue folle. De plus, on n'est pas une asbl despotique dune seule personne. Et je crois que ce qui a participé au succès d'Article 27, c’est le côté un peu fonceur.”

Concrètement, les demandeurs peuvent recevoir deux à quatre tickets par mois selon les endroits. Depuis février, le mot d’ordre de l'asbl vers les partenaires sociaux un peu coincés dans leur distribution est de restreindre la distribution des tickets aux utilisateurs de leurs propres services. C’est là que prend forme la marge d’avec l’idéal de la culture pour tous. Car il ne suffit plus d’être dans une situation précaire, 1 faut faire partie d’un système ou dune catégorie. Si l’on travaille avec une mission locale, si Ion est aide par le CPAS, si l’on s’alphabétise,... on aura le droit, en plus, d’aller au spectacle. L'info se trouve chez les partenaires sociaux, mais il n’est pas question de la diffuser plus largement. Si vous téléphonez à l’asbl comme chômeur, par exemple, elle refusera de vous donner la liste des partenaires sociaux de votre commune, histoire de ne pas les encombrer.

Article 27 chiffres et  fonctionnement


Au niveau de la distribution:

  • 15.784 tickets ont été utilisés en 2000 dont 14.026 à Bruxelles en 10 mois et 1.758 en Wallonie en 3 mois.
  • 34.238 tickets ont été utilisés en 2001, dont 26.564 à Bruxelles et 7.674 en Wallonie.
    Soit 4,5 fois plus qu’en 2000.


L’asbl Article 27 estime encore que par le biais des associations partenaires, 40.800 personnes sont touchées par son action. Une rapide évaluation montre que les utilisateurs se tournent d'abord vers les spectacles de théâtre, de danse, ou destinés au jeune public (50% des remboursements vont vers ces institutions), puis vers le cinéma (38% de remboursements) viennent ensuite les centres culturels (9%), le secteur musical (1,6%) et les musées (1,4%).

Au niveau de l'organisation:

  • 222 partenaires culturels participent au projet dont 80 a Bruxelles (34 théâtres et compagnies, 9 cinémas, 16 centres culturels, 4 théâtres pour enfants, 4 salles de concert, 10 musées, 2 lieux d’exposition, 1 association de visites guidées urbaines et 142 partenaires en Wallonie, proposant plus de 1.000 manifestations en 2001.
  • 373 partenaires sociaux ont une convention avec Article 27 dont 101 a Bruxelles (19 CPAS, 20 maisons d’accueil, 6 restaurants sociaux, 12 associations liées aux chômeurs, 25 asbl d’alpha et de formation, 6 maisons de jeunes/de quartier, 13 divers) et 272 en Wallonie.
  • Article 27, c’est encore 5 emplois ACS dont 3 à Bruxelles et 2 en Wallonie.
    En plus de l’association bruxelloise, il existe huit associations régionales (Brabant Wallon, Liège, Dinant, La Louvière, Hainaut occidental, Namur, Charleroi, Province du Luxembourg) et une cellule de coordination pour la Wallonie.

Au niveau financier:


Pour le moment I’asbl Article 27 se trouve confrontée a un gros problème pour Bruxelles, pour l’année 2002, elle espère disposer d'un budget correspondant a 35.000 tickets mais n’a reçu jusqu' à présent que 86.000 euros, ce qui équivaut a 20.000 places.
Pour la Wallonie, le nombre de tickets espérés est de 22.000, mais ici aussi le budget de 71.393 euros ne permet de financer que 16.000 places. Des négociations sont en cours pour obtenir des rallonges dans les subsides.

Sur le terrain, il en va évidemment un peu autrement. II existe un grand arbitraire, mais aussi une certaine libéralité au niveau des partenaires sociaux qui essayent, chacun a leur manière, de satisfaire la demande comme us peuvent. Certains s’adressent même à des personnes qui n’utilisent pas leur service.

“On s’est rendu compte que les partenaires étaient différents. Qu’un CPAS dans une commune est différent d’un CPAS dans une autre commune. II y a des modes de fonctionnement différents et on a dû s'adapter. Dans l’application, il y a des choses qu’on n’avait pas imaginées. Par exemple, la mission locale d'une commune a été tout a coup prise d’assaut et le directeur en a eu marre d’être un Bancontact pour l’Article 27. Je comprenais son malaise.”


Et maintenant?

La logique est celle de l’aide sociale en nature, et plus largement de la discrimination positive.

Elle montre ses contradictions là où elle s’arrête. Elle oblige à catégoriser des personnes qui sont au bas de l’échelle. Au risque de renforcer des formes de contrôle social.
Les responsables de l’asbl Article 27 se montrent conscients de ces problèmes. Mais à leur actif, on ne peut pas nier les dizaines de milliers de tickets dont ont pu bénéficier des personnes en situation précaire. Et surtout le rôle des “ambassadeurs culturels” qui travaillent avec des publics extrêmement éloignés du monde culturel et essayent de les y entraîner par le désir et la pédagogie. Compte tenu de tout cela, quelle est leur stratégie de développement à l’avenir? Faut-il des efforts supplémentaires des pouvoirs subsidiants ou des partenaires culturels? Sera-ce suffisant pour satisfaire la demande et l’attente des 130.000 chômeurs de longue durée et des 330.000 VIPO en Communauté française?

Témoignages
Entretien avec la mission locale de Schaerbeek

“En février, on a reçu la circulaire de l’asbl Article 27 disant qu’il fallait limiter la distribution, a la suite de la croissance importante de la demande, et on applique une nouvelle manière de fonctionner qui correspond a ce que I’asbl demandait. En fait, on reçoit un quota de tickets pour une période de trois mois, qu’on répartit en trois enveloppes. On distribue donc une enveloppe par mois mais on ne parvient pas à couvrir l‘ensemble des demandes. Au début la demande était inférieure aux tickets disponibles. Le problème du nombre de tickets insuffisants n'est pas seulement dû  à l’élargissement vers la Wallonie mais à la croissance vertigineuse de la demande sans doute dûe au fait que les gens sont plus informés. Maintenant je pense qu’on reçoit moins de tickets qu’avant. Mais en plus, avant quand on arrivait au bout de notre quota, on demandait des tickets supplémentaires à l’asbl et ça couvrait les besoins. Maintenant c'est fini, on n’en reçoit plus. La règle c'est qu’on donne un ticket par semaine par personne, plus les personnes à charge du bénéficiaire. Comme critère pour en obtenir, il faut être chômeur complet indemnisé et montrer sa carte de pointage. On les distribue tous les jours ouvrables entre 9 h et 12 h parce qu'avant on pouvait venir les chercher n’importe quand et c’était la foire. On donne priorité aux gens qui sont en suivi régulier à la mission locale. Si l'usager ne peut venir chercher son ticket pour la semaine, il ne peut pas le récupérer par la suite. Si des gens viennent du CPAS, on les renvoie car us peuvent obtenir les tickets là-bas. Au niveau de ha distribution c'est un peu tout et n’importe quoi. Au début, on était large car personne n’en prenait. Maintenant on a trop de demandes et on doit souvent refuser de donner des tickets a des gens qui logiquement devraient y avoir accès, comme des chômeurs ou des pensionnés, des personnes a charge de la mutuelle, des handicapes, mais qui ne sont pas suivis chez nous. Ces personnes sont aussi dans des conditions économiques difficiles et nous devons toujours nous justifier par rapport à notre refus, mais on les renvoie à l'asbl car sur ce plan on est dépassés.”

 
Entretien avec la mission locale de St-Gilles

“A St-Gilles, il y a plusieurs lieux de distribution pour les tickets Article 27. Nous on travaille essentiellement au bureau de pointage, mais il y a aussi les missions locales, les restos du coeur. Donc on va vers les gens, on essaie de créer des projets avec eux. Beaucoup de gens sont intéressés. Comme St-Gilles est petit, on connait assez bien notre public, on voit dans quelle situation sont les gens. On essaye de ne pas faire de restriction .dans notre distribution. On évite le contrôle social, on n’impose pas d’obligation à une formation. Bref, on refuse rarement de donner. En fait on refuse quand ce sont des gens qui viennent déjà des missions locales ou d'autres partenaires sociaux — II y a des gens qui viennent d'autres communes! — car il faut que la question soit réglée là-bas, même si on sait qu’il y a parfois des problèmes. Mais de notre côté, le seul critère de base qu’on aurait, ce serait plutôt le fait que la personne soit depuis longtemps au chômage. En fait quand on travaille avec les gens, on voit qu’ils peuvent parfois vivre plus ou moins correctement au début dune période de chômage, mais il y a souvent à un moment donné un basculement vers une réelle précarité. Ce public est naturellement prioritaire mais on ne peut pas donner de critères précis. De manière pratique, on donne deux tickets par mois par personne (plus les personnes a charge). On les donne en une fois.”

A Lille, on distribue des “cheques culture” aux personnes aux moyens modestes. En Hollande, les villes donnent des cartes de réduction pour les manifestations culturelles. Dans les deux cas, le seul critère retenu est le revenu. Ne faudrait-il pas plutôt s’inspirer de ces exemples? Ces questions sont en 1iébat au sein de l’asbl Article 27 dans une optique franche et lucide. Elles doivent aussi interpeller le politique. Comme le rappelle Laurence Adam, directrice de l’asbl : “Nous sommes bien conscients de nos limites. Ce qu’on voudrait finalement, c’est nous recentrer d'une part sur un travail de sensibilisation des pouvoirs publics à l'accessibilité à la culture, en particulier au niveau de l’aspect économique. D'autre part, il y a notre travail qui consiste à attirer les gens vers la culture. Avec peu d'efforts, on peut déjà arriver à amener les gens par exemple au théâtre ou au spectacle et on constate qu'ils s'approprient très vite la démarche. Enfin, il y a tout le travail de longue haleine que Ion peut faire avec un public encore plus éloigné de la culture aussi il faut essayer d’expliquer que la culture n’est pas que des spectacles, mais cela peut être aussi par exemple pour un non musulman, daller voir une cérémonie du culte islamique. Donc on essaye de prendre ses distances avec ce qu'est l'art et de provoquer un déclic, pour que les gens là aussi s’approprient la culture autour deux.” Ouvrant ce vaste chantier, Article 27 pose implicitement la question dune politique d'accès a la culture pour tous.

  1. Article 27, rue de Lisbonne 31 a 1060 Bruxelles, Tél. : 02 646 30 28, fax 02 646 59 36, e-mail : article27.bxl@skynet.be
  2. Mission locale de Schaerbeek, rue de Jérusalem 46, 1030 Schaerbeek, Tél. 02 215 2114 ou 02 2157436
  3. Mission locale Jeunes de Saint-Gilles, chsée de Waterloo 255 a 1060 Saint-Gilles, Tél. : 02 542 63 20 ou 02 542 6321, courriel : accueil.mlj@misc.irisnet.be.

Témoignages
Entretien avec Nathalie  ‘usagèrc” de l’Art. 27:


J’utilise les tickets article 27 depuis deux ans. Je suis chômeuse âgée et de longue durée. Au départ  j'ai appris que ça existait par Télé Bruxelles, et je suis allée voir à mon bureau de pointage mais ils n'en avaient pas entendu parler. Alors j’ai été me renseigner un peu partout et j’ai appris qu’ils en distribuaient a la mission locale. Quand je suis allée sur place, ils ne faisaient pas de sélection. Ils n’ont même pas vérifié ma carte de pointage, ils mont crue sur parole. Je peux aller chercher un1icket par semaine et on m’inscrit sur une liste. En février dernier, quand je suis allée chercher mon ticket, on ma dit que l’asbl Article 27 avait envoyé une circulaire disant que la demande avait augmenté dans des proportions beaucoup plus importantes que l'offre et que les budgets ne suivaient pas. Ils mont dit qu'ils ne pourraient plus donner autant de tickets, et en principe, seulement aux personnes qu’ils suivent a la mission. Ils ont dit qu'ils feraient encore une exception en continuant à en donner aux personnes qui ne sont pas inscrites chez eux, mais qui avaient l'habitude de venir toutes les semaines. Comme moi je ne venais pas absolument chaque semaine, puisque cela dépendait des spectacles que j’avais envie de voir, je n’étais pas sure que je serais reprise... Mais visiblement, ils sont un peu dans le chaos et ils n’ont pas encore mis en place le nouveau système. Dans les deux semaines qui ont suivi, ils ont continue a distribuer comme avant. Ils m’ont dit qu'ils n’avaient pas encore fait les nouveaux listings.

Depuis mi mars, ils sont a court de tickets, donc il faudra normalement attendre début mai pour en avoir. Moi j'ai l’impression que pour les distributeurs, c’est le flou total par rapport à la manière de donner les tickets. On laisse beaucoup de subjectivité, et le résultat c’est que les tickets sont distribués un peu à la tête du client. Cela, on le ressent quand on va chercher les tickets. C’est bon que moi je me débrouille assez bien, que j’arrive à me rendre plus ou moins sympathique. Et je pense que s’ils continuent à m'en donner, c’est parce que je discute avec eux et que j’argumente. Mais qu’en est-il pour ceux qui sont plus timorés ou qui sont antipathiques et au bord des critères...? Ce qu’il faut dire aussi, c’est que moi, je suis retournée au théâtre et au spectacle grâce à Article 27. Dans ma situation, je n’avais pas les moyens de me payer le prix plein. Si jamais on me supprime cette ‘faveur’, je ne pourrai plus y aller, il n'y a pas d'autre choix. Et je trouve que le système, là, devient assez injuste. Déjà maintenant je vois par des amis qui sont dans d’autres communes, que chaque distributeur a sa façon de donner les tickets — on n’a déjà pas nécessairement droit au même nombre par mois. Je vois aussi du favoritisme. Donc je pense qu'il n'y a rien de formalisé. J’ai une amie a qui on n’avait même pas dit qu'il y avait des mesures de restriction et pour elle tout fonctionnait comme avant. Mais qu'est-ce qui différencie un utilisateur d' une commune à une autre?